Franck Scurti

Accueil

Home
Street
Museum

Public projects
Specific projects
Curatorial projects
Editions

Note Book

Texts

Interviews

Franck Scurti's texts

Solo Exhibitions
Group Exhibitions
Books

Download
Links
Contact
Erika, 2000

J'ai utilisé un dessin de presse évoquant le désastre écologique engendré par le naufrage du pétrolier Erika, le 12 décembre 1999, au large des côtes Françaises. S'agissant d'un problème mondial, il me semblait intéressant de transporter cette information d'un continent à un autre. Dans un premier temps, l'enjeu était de donner vie à cette image en la pénétrant et en la parcourant du mouvement d'un regard. Le dessin a donc été filmé en macro, puis les images ont été montées ensemble afin d'obtenir cinq séquences animées différentes. Je voulais en quelque sorte étirer cette illustration de presse, dans le temps et l'espace. La technique d'animation, absolument inapropriée dans le traitement habituel de l'actualité réfère ici à la manipulation continuelle des images par les médias.

Cet aspect du travail s'intensifie par la diffusion des images sur plusieurs moniteurs vidéos et se renforce par la répartition des écrans vidéos en deux espaces distincts. Dans la première salle, exiguë, quatre séquences différentes montrées sur quatre moniteurs identiques, bombardent les visiteurs d'impacts lumineux; représentant chacune, l'aura des oiseaux mazoutés devenus fantomatiques, parce que filmés en négatif. En face, un large miroir reflète le dispositif et assure sa fonction de passage d'un monde à l'autre. De l'autre côté du miroir, dans la seconde salle, est projetée une dernière vidéo, plus narrative, contenant visuellement le naufrage du bateau et le mazoutage des oiseaux. Dans le dessin animé, les faits sont davantage révélés par les gestes et les mimiques que par la parole, ouvrant ainsi sur un imaginaire et une communication plus intense avec le sujet. Dramatique mais pleine d'espoir, l'oeuvre musicale "Pâques" de Sergei Rachmaninov à été choisie pour donner un rythme aux images. Suspendus aux fils électriques, chaque oiseau semble correspondre à une note de cette partition cahotique et doublement interprétée.

Au sol, quelques coussins noirs en forme de flaques, invitent le visiteur à s'asseoir, renforçant ainsi l'influence fantasmatique de l'image sur l'espace réel et le regardeur. J'aimerais également que l'espace accueillant l'installation, ait une fonction réelle, que les gens puissent venir y prendre une tasse de café ou de thé, (des aliments qui puissent se dissoudre dans l'eau) pendant qu'ils regardent la vidéo, car il me semble que le spectacle de l'incapacité humaine face à un désastre écologique est le seul propice à susciter un sentiment d'humanité.

Franck Scurti. Paris, le 16 avril 2000.

An editorial cartoon referring to the ecological disaster created when the oil tanker Erika sank is filmed and five different animated sequences are obtained. Four of the sequences were filmed in negative, each representing the aura of birds that, soaked in crude oil, became a haunting presence. The final video is more of a narrative and visually comprises both the sinking of the ship and the subsequent covering of the birds in crude. A broad mirror reflects the installation and insures its function as a passage from one world to the next. The dramatic yet hopeful composition Easter by Sergei Rachmaninoff was chosen to lend the images a lively, staccato rhythm. Hanging from electric wires, each bird seems to correspond to one note of this chaotic, doubly interpreted composition. On the floor, a few black puddle-shaped cushions invite visitors to take a seat, thus reinforcing the weird unsettling influence of the image on the space and viewers. The installation also serves a real function, that is, people can come there and have a cup of coffee or tea while watching the videos. Shown for the first time at Japan’s Art Triennial Echigo Tsumari 2000, the piece was an attempt to transport information from one continent to another via a technique that is wholly inappropriate to treating current events.

        

              

        

Video numérique, 2'40, 5 exemplaires.
Vue d'exposition, Art Triennial Echigo Tsumari, Japon, 2000.
Digital video, 2'40, Edition: 5.
Exhibition view, Art Triennial Echigo Tsumari, Japon, 2000.